Grande première pour les Nyonnais cette saison, au terme d'un match davantage marqué par des incidents que par la qualité du jeu. L'entraîneur John Dragani l'a d'ailleurs admis sans détour: aujourd'hui dans notre situation, il nous fallait des points, donc être bons tactiquement et jouer le coup à fond. Ce n'était pas à nous de faire le jeu, même en jouant à la maison.
Les circonstances ont favorisé les desseins «jaune et noir». Une subtile balle en profondeur sur le flanc droit pour NGindu qui pénétrait dans les 16 mètres avant de tomber, légèrement poussé par le latéral Benito (5e). Penalty ! Généreux ? Pas du tout ! On aurait même dû en siffler un pour nous plus tôt, dira Dragani après le match.
S'en est ensuivi une légère domination argovienne. Sans toutefois que le coup franc du Vaudois David Marazzi (7e) ou la reprise de l'ancien Servettien Patrick Bengondo (20e) ne trouvent le cadre. Mais la meilleure occasion a échu au remuant NGindu dont l'envoi a été sauvé sur la ligne, alors que le gardien Studer était battu (24e).
A la demi-heure, le match allait définitivement basculer. Première expulsion pour Bengondo auteur d'un coup de tête sur NDzomo (33e). Deuxième expulsion pour le demi axial Michele Polverino qui a écopé d'un second carton jaune pour réclamation (35e). Il a insulté l'arbitre! relevait Dragani.
Après la pause, les «Men in Black» étaient plus décidés. Et à 9 contre 11, leur allant a d'ailleurs failli être récompensé. A témoin, cette belle volée de Ludäscher suite à une passe hasardeuse de Mathieu Germanier dans les seize mètres. Je ne suis pas satisfait de la manière dont nous avons géré notre supériorité numérique, ajoutera le technicien de Colovray. Mais le lancement de fumigènes par des supporters Argoviens allait stopper cet élan, l'arbitre interrompant la partie cinq minutes durant (53e).
Sur la fin, NGindu notamment, meilleur nyonnais samedi, allait se régaler des espaces laissés par des visiteurs éprouvés. Son centre parfait trouvant Morganella. Une reprise sous la latte et le match était joué, avant l'ultime réussite du remplaçant Andreu. BLAISE BUGYIL
«Je me donne toujours à fond, je ne laisse jamais tomber»
Trois questions à Steve Katana, latéral au Stade Nyonnais. Après avoir été junior à Servette, Steve Katana a évolué en première ligue avec Etoile Carouge. Le latéral est aujourd'hui titulaire au Stade Nyonnais en Challenge League avec qui il a fêté le premier succès de la saison, samedi contre Aarau.
Steve Katana, qu'est-ce qui change au niveau du jeu entre la première et la Challenge Ligue?
Ça change beaucoup entre les deux catégories de jeu. Il y a beaucoup plus d'intensité. Depuis la première ligue, ça fait un grand saut. Je donne le meilleur de moi-même à chaque entraînement. J'espère aller le plus loin possible. La Super League, et même plus haut. La Champions' League? c'est le rêve de tout footballeur!
Comment se sont passés les premiers contacts avec le Stade Nyonnais et l'entraîneur John Dragani?
On m'a proposé de venir jouer. Je n'ai pas hésité. C'était une chance énorme. L'organisation tactique me convient et on s'entend bien sur le terrain. Aujourd'hui, tout va bien. La confiance de l'entraîneur a été assez facile à obtenir, mais attention: il faut tout donner à chaque échéance.
Quels sont vos points forts?
Mes points forts sont la volonté, la rage, la niaque, le mental. Je me donne toujours à fond, je ne laisse jamais tomber. Comme arrière latéral, je peux jouer tant à gauche qu'à droite. Quand je joue à droite, comme je suis droitier, je peux centrer plus facilement; à gauche c'est différent, je peux davantage rentrer dans le terrain pour tirer. Du pied gauche, je dois en revanche beaucoup travailler pour faire des progrès. Avec le jeu de tête, c'est ce que je dois améliorer le plus. Mais en fait, je dois progresser partout et c'est mon but.