Respectivement assis sur les bancs de Gingins et du Stade Nyonnais II, Michel et Yannick Tachet se sont affrontés pour la première fois samedi soir. Après la victoire des joueurs du père face à ceux de son fils, ils reviennent sur cette expérience.

Yannick Tachet l’avait-il senti venir? L’an dernier, au moment d’aborder les finales de promotion contre Renens, l’entraîneur de la «deux» du Stade Nyonnais anticipait un potentiel affrontement contre son père, fraîchement nommé à la tête de Gingins. «J’espère monter pour ne pas jouer contre lui», lançait-il alors dans nos colonnes, sur le ton de l’humour. Samedi, pour la première fois, Michel et Yannick se sont retrouvés face à face à Colovray, pour une victoire 2-1 du paternel face à l’équipe dans laquelle joue également Jimmy, son deuxième fils.

«Forcément, c’était une rencontre spéciale, mais c’est Nyon II que j’ai battu, pas Yannick. Enfin, j’ai peut-être battu Jimmy, quand même», lançait l’entraîneur de Gingins, avec un grand sourire. Sur le banc d’à côté, le fils anticipe déjà les conséquences. «On a perdu, il faut assumer, c’est comme ça. Maintenant, ça va chambrer fort pendant quelques mois… Et on ne peut rien dire! Mais ce n’était que le match aller, c’est encore long.» De quoi animer encore plus les repas d’une famille où le foot est déjà omniprésent.

«Il arrivait toujours à me donner un avis critique»

Car chez les Tachet, la passion du ballon se transmet comme un héritage. Qu’ils soient anciens joueurs professionnels, commentateurs, tenanciers de buvette, ou, bien évidemment, entraîneurs. «J’ai appris énormément de mon père, car il connaît très bien le foot. C’est un ancien milieu de terrain, donc il a une vision du jeu hors pair, relève Yannick. L’an passé, on flambait, mais il arrivait toujours à me donner un avis critique et constructif.» 

J’ai appris énormément de mon père, car il connaît très bien le foot. C’est un ancien milieu de terrain, donc il a une vision hors pair.

YANNICK TACHET ENTRAÎNEUR DU STADE NYONNAIS II

Chose qui a bien changé maintenant qu’ils sont adversaires, même si Michel admire le chemin accompli par ses fils, grandement impliqués dans le club nyonnais. «Je suis toujours avec mes méthodes apprises sur le tas, alors qu’eux, ils lisent des livres, ils regardent des entraînements. Ils font un super boulot et ils ont réussi à emmener leurs potes dans leur passion pour faire tourner la section jeune. C’est sûr que c’est une fierté. Mais par rapport à eux, je suis dépassé», commente le papa.

«Je peux aussi exploser facilement»

Une passion commune, une philosophie de jeu somme toute assez similaire, mais des styles différents entre un Yannick très expressif et un Michel plus en retrait, apportant quelques petits ajustements tout en laissant à John Braga, son adjoint, le soin des consignes. «Je peux aussi exploser facilement, donc je préfère prendre sur moi, détaille Michel. Mais pendant le match, franchement je n’ai pas fait attention au reste, il n’y a que mon équipe qui m’intéresse.»

Même son de cloche du côté de Yannick. «Bien sûr que, quand le calendrier sort, on regarde la date. Mais le fait que ce match arrive en fin de premier tour, après un match de coupe, on n’a pas eu le temps de se focaliser là-dessus, avoue-t-il. Avec mon frangin, on en parlait comme pour n’importe quel autre match. Et une fois le match lancé, rien n’était différent d’une autre rencontre. C’est maintenant, une fois le match terminé, que c’est le plus bizarre.»