Avant la réception de Cham, samedi (17h), le nouveau portier du Stade Nyonnais, Maxime Brenet, revient sur son parcours et son invraisemblable faux transfert à Bahreïn.

par Dominique Montangero – La Côte

Depuis un mois, Maxime Brenet défend avec brio les buts de la première équipe du Stade Nyonnais. Et dire qu’au lieu de débarquer à Colovray, le gardien franco-suisse aurait dû partir pour Bahreïn afin d’y vivre, à vingt-sept ans, sa première aventure de footballeur professionnel (lire encadré). Un épisode qui reste encore très douloureux dans l’esprit de l’enfant de Chambéry.

«J’avais pourtant pris toutes les précautions et je me suis dit que, cette fois, c’était la bonne. La déception a été énorme et j’ai songé à tout arrêter», révèle le citoyen de Neuchâtel. Une ville dans laquelle il est arrivé en 2008, des rêves plein la tête. A l’issue d’un essai qui s’est révélé concluant, il a rejoint les rangs de Neuchâtel Xamax. «C’est par l’intermédiaire de mon oncle, qui habitait à Neuchâtel, que ce transfert a été possible. J’ai gravi les échelons des M17 jusqu’à la première équipe mais tout s’est écroulé lorsque le club est parti en faillite en 2012», se remémore-t-il.

A Colovray, ça respire le foot. Y débarquer est, pour moi, une bouffée d’air frais.

Maxime Brenet gardien du Stade Nyonnais

S’ensuit alors une période d’instabilité au cours de laquelle Maxime Brenet a défendu les buts de Serrières et Fribourg, en 1re ligue, avant de rejoindre Le Mont en Challenge League. Après un court passage à Yverdon, il a joué sous le maillot de Guin en 1re ligue.

Poursuivi par la poisse

«Cette liste est longue et je n’en suis pas particulièrement fier car cela donne l’impression d’une certaine instabilité», reconnaît le néo-Nyonnais. J’ai fait quelques fois les mauvais choix mais j’ai vraiment eu la poisse. Dans plusieurs clubs, les circonstances ont été particulières. On ne m’a jamais vraiment donné ma chance et j’ai été plusieurs fois trompé», déclare-t-il.

A l’issue de six années durant lesquelles il n’est pas parvenu à récolter les fruits de tous ses efforts, Maxime Brenet a décidé de mettre le foot entre parenthèses. «J’ai signé en 2e ligue inter avec Colombier pour jouer avec des potes. Je voulais donner la priorité à mon apprentissage (ndlr: il a débuté, en 2018, en apprentissage de dessinateur en génie civil d’une durée de quatre ans) et à l’éducation de notre fils», confie le numéro un du Stade.

Carton plein avant le derby

Bouillant sur le terrain mais doux dans la vie de tous les jours, le numéro un des «jaune et noir» est heureux de se retrouver à Nyon, où il a rapidement trouvé ses marques. «A Colovray, ça respire le foot. Y débarquer est, pour moi, une bouffée d’air frais. Cette jeune équipe est une belle surprise», indique-t-il.

A la veille de recevoir Cham (samedi à 17h), celui qui se définit comme un gardien moderne qui aime donner de la voix, souffle: «On doit continuer sur notre lancée. Et faire le plein avant le derby contre Yverdon. Une victoire et un blanchissage me conviendraient parfaitement.»

Faux transfert, vraie arnaque
Avant de débarquer au Stade, Maxime Brenet a vécu une incroyable aventure. Mi-août, alors portier du FC La Chaux-de-Fonds, il a cru pouvoir vivre une aventure dans le football professionnel. Contacté par le club d’Al Riffa, champion de Bahreïn, le Franco-Suisse a résilié son contrat avec le club neuchâtelois et dénoncé le bail de l’appartement dans lequel il vivait avec sa femme et son fils de dix-neuf mois. En apprentissage à Neuchâtel, il a obtenu la suspension de son contrat. Visa et licence de jeu en poche, contrat vérifié auprès de la FIFA par son agent, Maxime Brenet et sa famille étaient sur le départ.

Mais, le rêve a viré au cauchemar et le déménagement n’a jamais eu lieu. Victime d’un incroyable retournement de situation, le gardien devait, soudainement, s’acquitter de 5000 dollars pour, sous prétexte d’un impôt local, recevoir son billet d’avion. Contactés par l’agent de Maxime Brenet, les dirigeants d’Al Riffa n’ont plus donné la moindre nouvelle.

Malgré tout, cette rocambolesque histoire s’est bien terminée. Maxime Brenet, qui a décidé d’attaquer le manager général d’Al Riffa devant la FIFA, a pu reprendre son apprentissage en génie civil, a retrouvé un appartement à Neuchâtel et une cage à défendre à Nyon.