Samedi (17h30), le Stade Nyonnais se déplace à Yverdon pour défier le leader. Entre deux équipes aux visages très différents, ce derby vaudois s’annonce équilibré et passionnant. Les Nord vaudois peuvent « tuer » le championnat, Nyon peut le relancer. Les deux entraîneurs se font face, avant le coup d’envoi.

Même les plus optimistes supporters nyonnais n’auraient imaginé que le derby vaudois de samedi entre le leader Yverdon et le Stade Nyonnais, quatrième de Promotion League avec un match en retard, puisse prendre des allures de match au sommet. Voir les «jaune et noir», victimes d’une sévère cure d’amaigrissement à l’intersaison, capables de titiller le grandissime favori, sur ses terres, est une réelle bonne surprise.

A quelques encablures d’une empoignade prometteuse – les deux équipes se retrouveront samedi à 17h30 au stade municipal d’Yverdon –, Ricardo Dionisio, entraîneur du Stade Nyonnais, et Anthony Braizat, stratège des Nord vaudois, font le point et ne manquent pas de louer le travail de leur principal concurrent.

ANTHONY BRAIZAT (YVERDON SPORT): «NYON NOUS A MIS EN DANGER»

A nonante minutes de la trêve, Anthony Braizat ne veut pas entendre parler de bilan. Focalisé sur la rencontre de samedi, le coach yverdonnois précise: «On compte neuf et dix points d’avance sur nos poursuivants, onze sur les Nyonnais qui ont un match en retard. On peut toujours faire mieux mais il nous reste un match très important à disputer. On fera les comptes et le bilan à l’issue du derby.»

Je connais bien Ricardo, je l’appelle le magicien. Ce qu’il réalise à Nyon est vraiment super.

ANTHONY BRAIZAT ENTRAÎNEUR D’YVERDON

Et, pour le technicien français, pas question de fanfaronner avant la réception d’une équipe dont il parle de manière élogieuse. «Je connais Ricardo (ndlr: Dionisio, le coach du Stade). C’est un ami et je l’appelle le magicien. Ce qu’il réalise au sein du nouveau projet nyonnais est vraiment super. Bravo à eux pour leur parcours. Nyon dispose de jeunes, qui ont un gros potentiel et sont entourés par des joueurs expérimentés comme Stevanovic qui, ne l’oublions pas, a disputé la Coupe du monde 2010», mentionne-t-il.

Compteurs à zéro

A l’évocation de la défaite subie, dimanche dernier à Bellinzone (1-0), Anthony Braizat déclare: «On aurait pu perdre avant et il fallait bien perdre un jour mais on souhaitait que cela arrive le plus tard possible. Actuellement, on manque un peu de fraîcheur, on a plusieurs blessés mais on va montrer, samedi, que c’était un accident. Cette défaite ne change rien. Il faudra aller chercher des vertus pour prouver que l’on mérite notre première place et qu’elle ne doit rien au hasard.»

Une nouvelle vérité

Ne souhaitant pas donner à son adversaire le bâton pour le frapper, l’entraîneur yverdonnois reste, c’est de bonne guerre, muet sur la stratégie mise en place ainsi que sur les clés de ce derby. «De tous nos adversaires du premier tour, Nyon est l’équipe qui nous a mis le plus en danger», glisse Anthony Braizat. Avant de donner tout de même quelques pistes: «Face à cette formation que l’on respecte, il conviendra de jouer, imposer notre philosophie, avoir la bonne attitude et faire preuve d’une détermination de tous les instants. Avoir remporté le match aller (ndlr: victoire 2-0 à Nyon) ne constitue pas un avantage car les compteurs sont remis à zéro. Leur équipe a, depuis, accueilli de nombreux renforts et chaque match a sa vérité.»

RICARDO DIONISIO (STADE NYONNAIS): «YVERDON EST BÂTI POUR MONTER»

«On cherche toujours l’excellence et on en est loin mais, si je me rappelle dans quelle situation nous étions il y a cinq mois, regarder notre classement est une surprise et un plaisir, souligne Ricardo Dionisio. Je suis content. Si nous sommes à cette place, c’est que l’équipe a bien travaillé.»

Travail, le mot est lancé et c’est bien ça, la clé du succès des «jaune et noir». En véritable forcené de boulot, exigeant et méticuleux, le coach portugais a fait d’un ensemble hétéroclite, une équipe compétitive.

Rigueur et détermination

«Notre projet, qui s’appuie sur des jeunes talentueux encadrés de joueurs expérimentés, fonctionne bien. Ces jeunes ont faim et envie de progresser. Ils sont très à l’écoute», explique-t-il. Avant d’ajouter: «En remportant nos deux derniers matches (ndlr: celui de samedi à Yverdon et le match en retard contre Sion II, le 23 novembre, en Valais), on peut atteindre la trêve au second rang, à seulement cinq points du leader. Mais attention à ne pas s’enflammer car dans ce championnat serré, deux résultats négatifs pourraient nous faire glisser au milieu de classement.»

Leur défaite du week-end dernier peut créer un peu de nervosité et d’incertitude.

RICARDO DIONISIO ENTRAÎNEUR DU STADE NYONNAIS

Battus 2-0 lors du match aller, en août, les Nyonnais rêvent de revanche mais savent aussi que, dans le Nord vaudois, rien ne sera simple. Auteur d’un véritable cavalier seul, Yverdon a connu sa première défaite il y a une semaine à Bellinzone. Hormis ce revers, les protégés d’Anthony Braizat ont écrasé le premier tour de leur supériorité. «Cette équipe est préparée et bâtie pour monter, lâche le stratège du Stade. Elle possède des joueurs de qualité, un coach expérimenté et compétent. Retrouver Yverdon à la première place n’est pas une surprise et ils sont favoris.»

De la bouteille

Ricardo Dionisio a sans doute raison, mais il connaît également les progrès réalisés par sa jeune équipe. «On est plus solides et le groupe s’est étoffé avec l’arrivée de plusieurs joueurs. On a pris de la bouteille», souligne-t-il, avant de conclure: «Leur défaite du week-end dernier peut créer, chez eux, un peu de nervosité et d’incertitude. A nous d’en profiter, mais nous ne changerons rien à nos principes. Pour faire un résultat positif, il faudra faire preuve de rigueur dans l’organisation et de beaucoup de détermination.»