Samedi (16h), le Stade Nyonnais et sa défense de fer, dirigée par Zlatko Hebib, se déplacent à Bavois. Attention au piège.

Alors que le tiers du championnat est joué, le bilan du Stade est bon. La feuille de route en direction de la Challenge League est quasi respectée. Deuxièmes à deux unités de Stade Lausanne, les Nyonnais possèdent, avec vingt-cinq buts inscrits, la meilleure attaque de Promotion League et la défense la plus hermétique, avec six buts encaissés, dont trois seulement sur des phases de jeu, les trois autres sur des balles arrêtées, corner, penalty et coup franc.

Les attaquants, en particulier Karim Chentouf, serial buteur avec onze réussites, sont souvent sous le feu des projecteurs et dans la ligne de mire des photographes. Tout le contraire des défenseurs dont les mérites ne sont que trop peu contés.

PARCOURS MOUVEMENTÉ

Au sein de la défense de fer des «jaune et noir», Zlatko Hebib (une quarantaine de matches en Challenge League) mérite des louanges. Arrivé à Nyon, en juin 2017, le Zurichois est le véritable pilier de la défense nyonnaise au sein de laquelle il a disputé, en démontrant d’indéniables qualités, vingt-neuf des trente matches de la saison dernière. «Je me sens très bien à Nyon. Il y a un bon projet et pour moi qui ai été formé à GC, j’ai beaucoup de plaisir car on pratique un bon jeu», confie le numéro 39 du Stade.

S’il s’éclate à Colovray, tout n’a pas toujours été rose pour le Croate d’origine qui, à 28 ans, a déjà passablement bourlingué. «A vingt ans, j’ai quitté Zurich et disputé une saison de Challenge League avec Yverdon. Nous avons été relégués et je suis parti au SV Babelsberg 03, club de 3e division allemande basé à Potsdam. Après trois ans, je suis revenu en Suisse, à Bienne», raconte le citoyen de Genève.

Je ne suis pas à Nyon en vacances. Je veux monter en Challenge League pour y jouer avec des ambitions.

-ZLATKO HEBIB DÉFENSEUR DU STADE NYONNAIS

Après une courte pige à Servette, il a fait son retour à Bienne. Mais, patatras! Au printemps 2016, victime de problèmes financiers, Bienne (Challenge League) s’est vu retirer sa licence, n’a pas pu terminer le championnat et a été rétrogradé en 2e ligue inter. Sans contrat, sans salaire, Zlatko Hebib a vécu des moments difficiles. «C’était une mauvaise expérience mais l’équipe est restée très unie et, dans ces moments-là, tu peux voir qui sont tes vrais amis, révèle-t-il avant d’ajouter: en plus, blessé à l’épaule, je n’ai rejoué qu’en janvier 2017. A Winterthour, en Challenge League. Nous avons perdu en demi-finale de la coupe contre Bâle.»

DÉFENSE DE FER

A Nyon, Zlatko Hebib a immédiatement trouvé ses marques. Sous la direction de Londono ou Dragani, en duo avec Tall, Golay ou, actuellement, Guzel, il n’a cessé d’impressionner les observateurs et… les attaquants adverses. Au bénéfice d’une technique sûre et d’un excellent jeu de tête, il est solide dans les duels et possède une relance sobre mais diablement efficace. A l’énumération de ces louanges, il répond avec modestie. «Si l’on prend peu de buts, c’est grâce au gros travail effectué par les joueurs offensifs.»

L’évocation de l’échec de la saison dernière ravive de mauvais souvenirs mais Zlatko Hebib préfère se projeter vers l’avenir et se concentrer sur l’objectif à atteindre. «Je ne suis pas à Nyon en vacances. Je veux monter en Challenge League pour y jouer avec des ambitions», déclare-t-il.

Après un petit passage à vide – défaites à Yverdon et face à Bellinzone – le Stade a rebondi et s’est imposé face à Breitenrain. Une victoire qui réjouit le Nyonnais. «Revenir au score face à Breitenrain a prouvé notre caractère. Il y a une bonne ambiance et nous sommes très soudés. Il faut recommencer une bonne série et, pour cela, gagner à Bavois.»

Mais gare! Bavois vient de battre Cham (1-4) et, pour rappel, au printemps, les Nord vaudois avaient fait des misères aux Nyonnais, battus (1-0), dans la boue des Peupliers.