Dimanche (15h), pour le compte des 16e de finale de la Coupe de Suisse, le Stade Nyonnais accueille Grasshopper Club Zurich, pensionnaire de Super League et club le plus titré du pays avec vingt-sept titres de champion et dix-neuf victoires en Coupe de Suisse. 

Stade Nyonnais – GC. Une superbe affiche. Un match de gala. Un sacré privilège qui ne sera pas une première pour les Nyonnais qui ont, par le passé, rencontré à deux reprises le prestigieux club zurichois. Deux confrontations qui, hélas, se sont soldées par deux courtes défaites qui ont laissé bien des regrets mais aussi, de magnifiques souvenirs.

Il y a près de vingt ans, au mois d’avril 1999, le Stade, fraîchement promu en Ligue nationale B, accueillait GC pour le compte des 8e de finale. Les «jaune et noir» qui s’étaient, deux mois auparavant, débarrassés de Bâle (1-1 et victoire 4-2 aux tirs au but), au tour précédent, rêvaient d’un nouvel exploit.

Une histoire de pénalties

Devant plus de 2000 spectateurs, les pensionnaires de Colovray avaient, ce soir-là, bousculé les Sauterelles. Rapidement menés au score, les protégés de Christohpe Moulin arrachaient l’égalisation peu après la mi-temps (but de Vernaz). Supérieurs dans le jeu, ils contraignaient leur prestigieux adversaire à disputer les prolongations et une mémorable série de tirs au but qui leur sera fatale.

On avait eu chaud et dans la série de tirs au but, j’ai marqué le pire penalty de ma carrière.

Alexandre Comisetti, ancien joueur de GC

«Nyon possédait une belle équipe, se souvient Alexandre Comisetti, ex-joueur de GC et consultant à la RTS. On avait eu chaud et dans la série de tirs au but, j’ai marqué le pire penalty de ma carrière. La pelouse était gorgée d’eau. Mon pied s’est dérobé et le ballon n’est pas parti où je voulais.»

Alexandre Comisetti (en bleu) et Steve Ostermann (en jaune) se sont affrontés dans un match de coupe serré. (Photo DR)

Cette satanée pelouse de Colovray a joué un tour pendable à Steve Ostermann qui, dans l’épreuve de vérité, a eu moins de chance que son adversaire zurichois. «Cette élimination ne me laisse pas un super souvenir, confie l’ancien stratège du Stade. Nous avions bousculé GC et passé très près de la qualification. J’étais le troisième tireur et j’ai glissé au moment de tirer. Le portier Zuberbühler était parti de l’autre côté mais le ballon s’est écrasé sur la transversale.» Épilogue de l’édition 1998-1999, GC s’était incliné en finale (2-0) contre le Lausanne Sport.

Gardien de fortune

L’autre rencontre date du 14 septembre 2013, en 16e de finale. «C’était un gros match de coupe. Nous nous étions mis à la hauteur de GC et on les avait bousculés», lâche Bernardo Hernandez. Sous la direction du technicien urugayen, le Stade avait, une nouvelle fois, frôlé l’exploit.

Yvan Bolay, le capitaine de l’époque, confirme: «On aurait pu les sortir. À l’issue du temps réglementaire, le score était de 2-2. On a encaissé deux buts dans l’ultime minute des prolongations. C’est dommage de ne pas avoir pu les amener aux tirs au but car, depuis la 80e minute, GC avait effectué ses trois changements et à la suite d’une expulsion de Bürki, c’est Toko, joueur de champ qui évoluait dans les buts.»

Deux c’est assez, trois c’est trop

Après avoir échoué à deux reprises si près du but, la troisième sera-t-elle la bonne? Le Stade, leader de Promotion League, est-il mûr pour l’exploit face aux Sauterelles, lanterne rouge de Super League?

Préparateur physique du Stade, Laurent Gasser souhaite que les joueurs se subliment pour renverser GC. (Photo Sigfredo Haro)

Joueur lors de l’édition de 1999, actuel préparateur physique du Stade, Laurent Gasser déclare: «La priorité est le championnat mais ce match est une magnifique cerise sur le gâteau. Avec John (ndlr: Dragani, entraîneur du Stade), on a observé GC, on connaît leurs spécificités mais pas question de modifier nos habitudes. On veut jouer, avoir le ballon et produire du spectacle. On va ranimer l’esprit de la coupe et j’espère que le public viendra en nombre. J’invite tous les anciens joueurs, ceux qui ont disputé l’un ou l’autre des matches face à GC à venir à Colovray.»

Au complet, hormis Tall, blessé, les Nyonnais qui flambent en championnat peuvent, secrètement, rêver de bouter GC hors de la coupe. «Beaucoup de nos joueurs ont l’expérience de ce genre de matches (ndlr: le capitaine Zambrella a remporté le trophée en 2011 sous le maillot de Sion) et il faut que les joueurs aient confiance en leurs capacités et qu’ils se subliment.»

Un brin d’histoire

On parle souvent de la magie de la coupe mais, dans cette compétition, les surprises ne sont pas légion. Au stade des 16es de finales, depuis dix ans, seuls quatre clubs de Super League ont mordu la poussière face à des adversaires moins bien cotés. Neuchâtel Xamax éliminé par Kriens (Challenge League) en 2011, YB humilié par Buochs (1re ligue) en 2014, GC – voilà qui devrait donner des idées aux Nyonnais -, battu par Köniz (Challenge League) en 2015 et dernier en date, Sion, treize fois vainqueur du trophée, sorti par Stade Lausanne (Promotion League), la saison dernière.

Pour se convaincre que l’exploit est à portée de pieds et qu’ils sont mûrs pour une qualification, les Nyonnais se souviendront qu’en 16e de finale, ils ont sorti Bâle en 1999 et passé à un cheveu de la qualification face à Lucerne (défaite 1-2 en 2010) et face à Sion (défaite 1-2) en 2011.