À l’heure du bilan intermédiaire, le Stade Nyonnais compte 11 points de retard sur le leader de Promotion League. L’entraîneur John Dragani revient sur les faits qui ont marqué le premier tour des «jaune et noir».

par Dominique Montangero – La Côte

Le Stade Nyonnais a fini l’année sur une note positive en enquillant trois succès consécutifs. Une petite série qui vient mettre un peu de baume au cœur à John Dragani au moment de tirer le bilan de mi-saison.

John Dragani, retrouver le Stade Nyonnais à onze points du leader Stade Lausanne Ouchy est-il une surprise?
Oui. C’est une mauvaise surprise mais il faut écrire que, malgré cela, on réalise un parcours remarquable. On est au 2e rang avec la deuxième attaque et la troisième défense (ndlr: Nyon a marqué 2,35 buts et encaissé 0,88 but par match). Je ne suis pas déçu mais frustré car les joueurs n’ont jamais triché et toujours travaillé avec sérieux.

Quelles sont les raisons de ce bilan en demi-teinte?
L’écart qui nous sépare du leader tient principalement à deux paramètres. Après un magnifique départ – dix-neuf points en sept rencontres –, nous avons connu un coup de mou après la qualification en Coupe de Suisse face à GC. De son côté, Stade Lausanne a marché sur l’eau et réussi un sans-faute. J’ai beaucoup de respect pour ce que les Lausannois ont accompli.

Le long passage à vide (trois points en six matches) après ce début en fanfare est-il explicable?
Non car il y a des paramètres que l’on ne peut pas gérer. De manière totalement inexplicable, on a eu de la peine à digérer la victoire contre GC. Il y a eu une grosse remise en question, du staff comme des joueurs. On a beaucoup parlé entre nous mais on n’a pas trouvé les causes. Tous les joueurs ont eu un coup de moins bien, le doute s’est installé et, pendant un mois, la réussite nous a fuis. Rien ne nous était favorable et nous avons été prétérités par plusieurs décisions arbitrales. Pour terminer, il faut relever que toutes les équipes montrent beaucoup plus d’implication lorsqu’elles nous affrontent.

Les joueurs ont bossé sans jamais tricher.

JOHN DRAGANI ENTRAÎNEUR DU STADE NYONNAIS

Quels sont, malgré tout, les motifs de satisfaction?
Je suis très fier que l’équipe soit restée unie et solidaire tout au long de la période difficile. Les joueurs ont bossé sans jamais tricher. Ils ne se sont pas cachés. J’ai aussi la chance de pouvoir travailler avec un staff formidable et des dirigeants qui nous ont maintenu leur confiance. Grâce à tout cela, nous avons ressurgi et livré une excellente prestation contre YB (ndlr: courte défaite 0-1, en 8e de finale de la Coupe de Suisse) puis entamé une nouvelle série pour terminer sur une note positive avec dix points lors des quatre derniers matches et un goal-average de 14-3. Il convient aussi de ne pas oublier la qualification contre GC.

Le contingent sera-t-il modifié durant la trêve?
On va voir ce qui se passe dans les prochains jours. Des joueurs vont peut-être émettre le désir de partir. Certains pour trouver davantage de temps de jeu ailleurs, d’autres parce qu’ils ont été contactés par d’autres clubs. On doit garder la tête froide et ne pas modifier le contingent de manière drastique. On va faire le point et on réajustera. Personnellement, j’ai envie de continuer à travailler avec mon groupe.

Le retard est-il trop important ou gardez-vous l’espoir d’une possible promotion?
Tant que mathématiquement c’est possible, on va lutter et y croire. On sait que cela ne sera pas facile mais on n’a pas le choix et les données sont simples. Il faut réaliser un parcours sans la moindre faute et savoir que personne, même pas Stade Lausanne, n’est à l’abri d’un coup de mou.

3 questions à… Varujan Symonov, manager général du Stade

ONZE POINTS DE RETARD, C’EST ÉNORME, C’EST UNE DÉCEPTION

VARUJAN SYMONOV, MANAGER GENERAL DU STADE

Le parcours du Stade répond-il à vos attentes?
Non, ce n’était pas prévu ainsi et c’est une déception. On compte, à la trêve, cinq points de moins que l’an dernier et on accusait un retard de deux points sur le leader, Kriens. On a onze points de retard sur Stade Lausanne et c’est énorme mais il faut aussi dire que jamais une équipe n’a totalisé autant de points à mi-parcours. Chapeau à Stade Lausanne. Après notre bon début et la victoire contre GC, on a eu un passage à vide qui a duré trop longtemps alors que l’inverse aurait dû se produire.

Allez-vous procéder à des aménagements au sein de l’effectif?
Non, on ne va pas faire de grands changements. Le contingent doit rester stable et on ne va surtout pas brader l’équipe. On est deuxièmes et on ne va pas laisser tomber. On n’a pas notre destin entre nos mains mais on va se battre jusqu’au bout. Il y a trente-neuf points en jeu et il faudrait en faire trente-cinq et espérer un long passage à vide de nos rivaux.

Malgré des chances de promotion bien compromises, allez-vous demander la Licence pour la Challenge League?
C’est clair et on est bien décidés à l’obtenir en première instance. Les travaux relatifs aux aménagements de Colovray ont débuté et, sur le plan administratif, nous sommes préparés. Yverdon et Stade Lausanne devraient l’obtenir également mais nous allons suivre cela de près car on veut que la Swiss Football League leur demande les mêmes choses que cela fut le cas pour nous, l’an dernier.