Requinqué, animé d’un merveilleux esprit le Stade Nyonnais a tenu la dragée haute à Young Boys, mercredi soir à Colovray. Battus (0-1), les Nyonnais quittent la Coupe de Suisse au stade des 8es de finale avec les honneurs.

Par Dominique Montangero – La Côte

Alors que les esprits chagrins pensaient que la soirée d’Halloween tournerait au cauchemar pour les Nyonnais, il n’en fut rien, mercredi, à Colovray. Métamorphosés et méconnaissables par rapport à leurs dernières sorties, les «jaune et noir» ont regardé le grand YB, champion de Suisse en titre, droit dans les yeux. Alors que l’on pouvait craindre que l’ours bernois ne fasse qu’une bouchée des Vaudois, les pensionnaires de Colovray ne se sont inclinés que sur la plus petite des marges (0-1).

«Même s‘il y a un peu de frustration, je suis très fier de mes joueurs. On a résisté et fait mieux que se défendre face à une équipe dont les prochains adversaires, dans une autre coupe, s’appellent Manchester United, Juventus et Valence», glissait John Dragani, le coach du Stade Nyonnais, à l’issue de la rencontre.

On les a fait douter mais on est mal repartis après la pause.

KARIM CHENTOUF CAPITAINE DU STADE NYONNAIS

A l’issue d’une entame de match au cours de laquelle les Bernois tentaient de faire rapidement la différence, les Nyonnais, parfaitement organisés et disciplinés s’enhardissaient. La frappe de Chentouf était écrasée (22e) et celle de Fargues passait à quelques centimètres du poteau (25e). Peu avant le repos, YB se créait sa plus grosse opportunité mais la frappe de Nsame s’écrasait sur le poteau (44e).

Wölfli, exemple de longévité

Au retour des vestiaires, les Bernois profitaient d’une des seules inattentions de l’arrière-garde nyonnaise pour ouvrir le score par Sulejmani (47e). «On les a fait douter mais on n’est mal repartis après la pause. Pourtant, on savait que les Bernois allaient se faire remonter durant la pause et on était prévenus qu’ils mettraient immédiatement beaucoup de pression. C’est sur ces petits détails que se fait souvent la différence dans de tels matches», analysait Karim Chentouf, le capitaine du Stade.

Malgré leur courage et leur volonté de ne pas déroger à leurs principes de jeu, les hôtes ne parvenaient pas à inquiéter les Bernois qui, sans jamais vraiment trembler prenaient la route des quarts de finale. Une grande satisfaction pour le gardien Marco Wölfli, trente-six ans, qui avait fait ses débuts dans le but d’YB, il y a dix-neuf ans au Wankdorf face… au Stade Nyonnais (lors de la saison 1999-2000, Nyonnais et Bernois bataillaient en Ligue B). «Une personne de notre encadrement a compté. C’était il y a exactement 7000 jours, révélait, tout sourire, le portier de YB. Ce jour-là, j’étais beaucoup plus nerveux que ce soir. Face à Nyon qui a fait un très bon match, on a très bien travaillé défensivement.»

«Compétition faussée»

La page de la Coupe de Suisse s’étant refermée, place dès dimanche au championnat avec la réception de Brühl (14h). Une compétition dans laquelle le Stade, ambitieux, doit engranger un maximum de points avant la trêve, au risque de se faire, davantage encore, décrocher. Une situation qui rendrait la seconde partie de la saison, interminable et ennuyeuse.

«Si la victoire face à GC nous a tirés vers le bas, j’espère que notre prestation face à YB servira à nous relancer. Il faut se servir de ce que l’on a montré ce soir (ndlr: mercredi)», lâchait le coach du Stade avant de lâcher un pavé dans la mare du football suisse. On dispute une compétition dans laquelle le règlement n’est pas le même pour toutes les équipes. YB pouvait aligner autant de joueurs étrangers ou non formés en Suisse alors que nous sommes contraints d’aligner au moins six joueurs formés en Suisse. Ce règlement que l’ASF doit changer avantage les clubs de Super League et cela fausse la compétition.»