Alors que tous les championnats de football sont suspendus jusqu’au 30 avril, les pensionnaires de Colovray, troisièmes de Promotion League, s’organisent en vue d’une éventuelle reprise de la compétition.

A la tête du Stade Nyonnais depuis la trêve, Anthony Braizat dirigera-t-il une rencontre officielle ce printemps? Le coach des «jaune et noire» n’a, bien sûr, pas la réponse mais, en professionnel consciencieux, il tente, à distance, de maintenir ses troupes en forme. Le technicien français souligne qu’en cas de reprise de la compétition, il est primordial que les pensionnaires de Colovray demeurent affûtés physiquement et solides mentalement.

«Depuis lundi, les joueurs ont reçu un programme spécifique pour les trois prochaines semaines. Ce programme est calqué sur la trame d’une semaine en période de compétition. Il ne manque que le match du week-end qui est remplacé par deux jours de repos», explique le coach nyonnais.

Totale confiance

«Chaque séance comprend des exercices de renforcement et des étirements mais chaque jour a sa dominante, précise Anthony Braizat. Le lundi est consacré à un travail aérobique, une séance basée sur la force et la vitesse est effectuée le mardi, alors que la séance du mercredi est axée sur le travail intermittent. Le jeudi est un jour de récupération, avec du footing ou du vélo, et la semaine se termine par une séance consacrée aux sprints et à l’explosivité.»

Tout ceci n’est «que» du football et, en ce moment, l’important est que toutes les mesures soient prises pour la santé de chacun.

ANTHONY BRAIZAT ENTRAÎNEUR DU STADE NYONNAIS

A la tête des «jaune et noir» depuis peu, le technicien du Stade connaît les valeurs de son groupe et ne doute pas un instant de l’implication de chacun de ses joueurs. «Ils ont été remarquables lors de la préparation et j’ai entièrement confiance. Je sais qu’ils vont effectuer ce travail individuel comme de vrais professionnels. Les joueurs doivent également avoir un rythme de vie comme en temps normal. Il est indispensable qu’ils veillent à leurs heures de sommeil, leur alimentation. Ils sont motivés et doivent avoir dans la tête que le championnat va reprendre prochainement», souligne-t-il.

«Le foot est complètement secondaire»

«Je suis choqué de ce qui se passe. Le sport souffre beaucoup, mais actuellement le plus important est la santé. On doit prendre soin de soi, de sa famille et respecter les mesures ordonnées», lâche Dalibor Stevanovic, le capitaine du Stade qui poursuit: «Je dispose d’un tapis de course à mon domicile et je peux ainsi sortir uniquement pour réaliser certains exercices que j’effectue sur la route, les centres sportifs étant fermés.»

Celui qui a disputé la Coupe du Monde 2010 sous le maillot de la Slovénie préfère, malgré la situation difficile, se montrer optimiste. «J’espère que l’on pourra terminer le championnat en mai et juin», lâche-t-il.

Anthony Braizat distille ses conseils à distance désormais. (Photo: Sigfredo Haro)

Pour Maxime Brenet, cette situation nouvelle ne va pas sans poser quelques problèmes. «Je me rends chaque jour à mon travail à Neuchâtel et je réalise mon entraînement quotidien le matin à 6h ou le soir, après 19h», explique le gardien nyonnais, qui souligne que pour un poste spécifique comme le sien, se voir priver de ballon n’est pas chose aisée.

«J’ai de l’expérience, je connais mon corps et je travaille beaucoup sur l’explosivité. Il est important que chaque joueur garde la forme et respecte le programme. J’espère que l’on va reprendre, mais il faut avouer que le foot est complètement secondaire en regard de la situation sanitaire et économique», souligne Maxime Brenet.

AVENIR INCERTAIN POUR LE FOOTBALL SUISSE
A l’évocation d’une date pour une hypothétique reprise, le stratège de Colovray demeure circonspect. Le report de l’Euro 2020 devrait permettre de boucler les divers championnats de notre pays de mai à juin, mais seule l’évolution de la situation sanitaire dans les prochaines semaines apportera des précisions. «Il est clair qu’en Suisse comme dans les autres pays, les dirigeants vont tout faire pour finir les championnats, mais la situation est très compliquée», glisse Anthony Braizat. 
Les centres sportifs sont fermés jusqu’au 30 avril et, bien que les joueurs s’entraînent individuellement, une courte période de préparation devrait leur être nécessaire, en cas de retour à la compétition. Comment alors, caser treize matches entre mi-mai et fin juin, date à laquelle les contrats de nombreux joueurs arrivent à échéance? «Tout ceci n’est «que» du football et, en ce moment, l’important est que toutes les mesures soient prises pour la santé de chacun», déclare le coach du Stade.