«Le chantier est énorme! Il ne suffit pas de transformer la baraque, il faut reconstruire les fondations.» Le constat ne vient pas d’un inconnu. Ex-entraîneur de la première équipe et ancien membre du comité du Stade Nyonnais sous l’ère bénie de Daniel Perroud, Gus Ostermann fait partie des trois «historiques», avec Gaby Guillot et Michel Lapaire, qui ont renversé le comité du président Mortgé en 2015.

En d’autres termes, Gus Ostermann veut dire qu’il ne suffit pas de changer de comité. «Il faut regagner la confiance des Nyonnais, car beaucoup d’entre eux ont pris leurs distances quand la politique du club ne servait que l’ambition de ses dirigeants. Les supporters se sont sentis mis à l’écart quand on a monté une équipe de pros au détriment des joueurs locaux», regrette-t-il. Mais aujourd’hui, il croit au renouveau, avec l’aide des gens de la région.

Le Club 05 en soutien

La nouvelle équipe dirigeante s’est sérieusement mise au travail. Une fois qu’elle aura assaini les finances (lire ci-dessous), elle présentera un projet qu’elle qualifie de «cohérent», pour les Nyonnais, et avec les Nyonnais. Le président, Vartan Sirmakes, et son comité peuvent aussi compter sur le Club 05 pour les aider à reconstruire une grande famille brandissant les couleurs jaune et noir.

Le Club 05? C’est un groupe de cinq personnes composé de trois anciens joueurs, Jacques Grossen, Steve Ostermann et Stefano Albertoni, ainsi que de deux personnalités bien connues à Nyon, Daniel Perroud, ancien président du club, et Nicolas Tracchia, hôtelier très engagé dans le milieu du football. Cette structure remplace la Confrérie, qui était le principal pourvoyeur de fonds du Stade. Le «05» fait référence à 1905, année de la fondation du Stade Nyonnais.

«Nous nous sommes dit que c’était notre tour de faire quelque chose pour ce club qui nous a tant donné, raconte Steve Ostermann, ancien joueur de la première lors de l’ascension en Challenge League en 2008. J’ai approché Jacques Grossen (gardien de l’équipe montée en LNB en 1998). Puis nous avons rallié les trois autres, tous des amis.»

Le Club 05 ne se contentera pas d’aller chercher des sous. Sa deuxième mission, tout aussi importante, consistera à redonner une âme au Stade Nyonnais. «Il faut redorer son image, le rendre sympathique, retrouver un esprit de club, de famille, et que les joueurs, les parents et les supporters soient fiers de soutenir le Stade Nyonnais», résume Jacques Grossen, président du Club 05.

«Gagner la confiance»

Comment y parvenir? «D’abord, il faut gagner la confiance des gens, être transparent, motivé, à tous les niveaux du club, poursuit Jacques Grossen. Il faut une première équipe qui soit une locomotive, non pas composée d’une majorité d’étrangers, mais avec un réservoir de joueurs de Nyon et de la région, tirés par quelques pointures qui viennent pour le football, pas pour l’argent. Il faudra aussi redynamiser le mouvement juniors, avec un meilleur encadrement. Et puis il faut être créatif, imaginer des animations en plus des matches. Tout simplement, il faut redonner l’envie aux gens de venir à Colovray, avec passion.»

Les premières actions entreprises par le Club 05 sont encourageantes. Sur les 120 invités à l’apéritif organisé dernièrement dans un pub à Nyon, 60 personnes ont répondu à l’appel. Prochaine verrée servie à Colovray, pour le premier match de championnat: dimanche 28 février. (24 heures)

Plainte contre les anciens dirigeants

Quand on demande à Luis Pereira, membre du nouveau comité, quels sont les chantiers en cours au Stade Nyonnais, il nous assure qu’il y a un projet cohérent à l’étude, qui sera bientôt présenté au public.

Mais la priorité, c’est d’assainir les comptes, qui comprennent une dette importante de plusieurs centaines de milliers de francs. «Nous espérons régler la situation d’ici avril-mai. Le président Sirmakes et moi-même, nous nous sommes engagés à couvrir une bonne partie de cette dette, soit environ 200’000 francs, à hauteur de 50% chacun, et nous payons déjà les factures courantes, alors qu’on ne touche pas encore de recettes. En plus, dans les poursuites, il y a des demandes abusives, comme celle de Diego Sessolo, qui réclame une somme de 310’000 francs. C’est du vertige mental. Il n’aura pas un sou. Enfin, nous allons déposer une plainte pénale contre les anciens dirigeants car ils n’ont pas tenu de comptabilité et n’ont pas payé les charges sociales.»

Une fois débarrassé de ce lourd héritage, Luis Pereira se réjouit de revenir à l’essentiel, le football. «On a pris la mesure des enjeux. On va donner un nouvel élan à ce beau club, avec l’aide des Nyonnais, et en créant des synergies régionales.»