Appelées à être le réservoir de l’équipe fanion, les deuxièmes équipes visent toutes des objectifs similaires. Mais les moyens pour y parvenir diffèrent parfois d’un club à l’autre.

Par Dominique Montangero – La Côte

En 2e et 3e ligue, elles sont six sur La Côte. Les deuxièmes équipes, composées en majeure partie de très jeunes éléments, jouent-elles un véritable rôle formateur? Sont-elles le réservoir de la «une» et évoluent-elles en symbiose avec l’équipe fanion? A Terre Sainte, Genolier-Begnins, Saint-Prex, Echichens, Gland et au Stade Nyonnais, l’utilité d’une «réserve» est indéniable. Mais sa composition, ainsi que la place qui lui est accordée dans la pyramide du club, est parfois différente, quand bien même les ambitions sont les mêmes partout.

Tour d’horizon et découverte des diverses structures et stratégies mises en place en compagnie de Yannick Tachet (Stade Nyonnais), Patrick Borettaz (Terre Sainte), Eugenio Pisaturo (Genolier-Begnins), Lucien Goldenschue (Saint-Prex), Pierre Randin (Echichens) et Mirko Plancherel (Gland), les coaches des six «deux» passées à la loupe.

DE 16 À 40 ANS, LE GRAND ÉCART

Dans les clubs, la volonté de travailler avec les jeunes est forte. Très forte. Les «deux» font la part belle à la jeunesse, mais dans chacune d’elles figurent quelques anciens. Si l’éventail des âges est large – de 16 à 40 ans –, la moyenne d’âge est comprise entre 20 et 22 ans. A Nyon, Echichens et GB, la moitié du contingent est composée de joueurs nés en 2000 et au-delà, alors qu’à Saint-Prex et Terre Sainte, c’est la tranche 21-22 ans qui est la plus représentée. Et si quelques joueurs ont allègrement dépassé la trentaine, ils ne sont pas légion. Trois ou quatre par équipe.

«Dans des championnats exigeants, il est indispensable que nos jeunes soient entourés et encadrés par quelques joueurs expérimentés», lâchent, de concert, les coaches. Seule la réserve de Gland, avec une moyenne d’âge de 26 ans, fonctionne selon un mode différent. «Dans notre structure, ce sont les juniors A inter et non la «deux» qui constituent le réservoir de la première équipe», explique Mirko Plancherel.

PRIORITÉ AUX JUNIORS FORMÉS AU CLUB

C’est aussi à Gland que les joueurs viennent d’horizons divers – dix départs et dix arrivées cet été –, attirés par un copain ou désireux de rejoindre un entraîneur qu’ils apprécient. Une philosophie différente de celle des cinq autres clubs qui composent leur deuxième équipe avec leurs juniors ou des jeunes venus des alentours. «A GB, tous les jeunes de mon contingent sont issus des juniors du club», révèle Eugenio Pisaturo.

Pour Patrick Borettaz, cette volonté de donner la chance aux jeunes ne doit pas être une politique alibi pour éviter de voir partir les juniors sous d’autres cieux. Elle doit être assortie de la certitude pour chacun de disposer de suffisamment de temps de jeu lors des matches. «Pour garantir cela, notre politique est qu’au maximum trois joueurs de l’équipe fanion peuvent redescendre dans mon équipe» annonce le coach copétan.

INTERACTIONS VARIABLES AVEC LA «UNE»

Rendre une «deux» attractive passe aussi par les interactions qui existent (ou pas) avec la première équipe. Les jeunes doivent sentir que les portes de l’équipe fanion sont ouvertes ou entrouvertes. Si des échanges existent à Nyon, ils demeurent au stade embryonnaire chez les voisins. «Trois ou quatre joueurs de mon équipe s’entraînent régulièrement avec la «une» et je suis en permanence en contact avec Ricardo (ndlr: Dionisio, le coach du Stade)», mentionne Yannick Tachet.

«A Echichens, les contacts avec le coach de la «une» sont fréquents. Les échanges de joueurs se font au coup par coup, de semaine en semaine», explique Pierre Randin. A Terre Sainte et à GB, ces échanges devraient débuter au second tour alors que du côté de Saint-Prex, Lucien Goldenschue estime qu’il ne dispose pas, pour l’instant, de joueurs ayant le niveau pour aller en première équipe.

LA FORMATION MAIS AUSSI LA COMPÉTITION

A l’unisson, les six techniciens annoncent que leur équipe vise avant tout le maintien. Une relégation accentuerait l’écart qui sépare la «une» de la «deux» et le saut en équipe fanion serait plus difficile encore à réaliser. C’est l’ensemble de la philosophie mise en place dans les clubs qui serait en péril. «A Saint-Prex, j’aimerais que l’on change de vision. On doit mettre l’accent sur la post-formation, mais il est indispensable de ne pas oublier la compétition. Il faut former des gagneurs».

L’affirmation de Lucien Goldenschue ne saurait, cependant, masquer que dans chaque club, former des joueurs pour la «une» demeure la priorité absolue. «Depuis décembre 2018, la politique de Terre Sainte a changé. Le recrutement se fait maintenant à l’interne et on doit intégrer nos jeunes», confie Patrick Borettaz. Forcé et contraint, le Stade Nyonnais aligne, cette saison, les jeunes du cru et flambe en Promotion League. Un exemple qui donne du sens à la formation des juniors.