Young Boys n’aime pas les Vaudois, le Stade Nyonnais veut en profiter FootballComment battre l’invincible YB mercredi soir en Coupe (19h30)? John Dragani et Ridge Mobulu l’ont déjà fait. Le Mont aussi.

par Tim Guillemin – 24 heures

Ridge Mobulu se rappelle parfaitement de 9 novembre 2013. L’attaquant avait inscrit le dernier but de la démonstration du FC Le Mont face à Young Boys (4-1). «C’est un souvenir magnifique, on avait réussi un grand match», se rappelle l’ancien ailier du Mont, qui s’apprête à retrouver YB ce soir (19h30) à Colovray, avec Nyon cette fois. «On n’est pas au mieux en championnat, mais c’est la Coupe. Je crois à l’exploit, même si le contexte est différent», continue Mobulu.

Les similitudes sont pourtant nombreuses: en 2013 comme en 2018, YB se déplace dans le canton de Vaud en tant que leader de Super League. Au Mont il y a cinq ans comme à Colovray ce soir, il s’agit d’un huitième de finale de Coupe de Suisse face à un adversaire ambitieux de Promotion League. «Oui, mais il y a une autre différence: le terrain. A Nyon, il est magnifique. Au Mont, il était un peu plus compliqué…», sourit Ridge Mobulu. Deux joueurs du YB actuels avaient participé au naufrage du Châtaigner: Steve von Bergen et Marco Wölfli, tous deux en tant que titulaires.

Claude Gross, deux fois 4-1

L’entraîneur de ce fantastique FC Le Mont, qui était monté en Challenge League au terme de la saison, s’appelait Claude Gross. «Je me rappelle qu’YB était venu nous observer plusieurs fois. Ils avaient peur de notre capacité à jouer en contre et s’étaient positionnés très bas sur le terrain pour nous gêner. On s’était donc retrouvés à faire le jeu face au leader de Super League», se rappelle le technicien, qui se trouve être l’un des meilleurs amis de John Dragani.

Les deux hommes étaient d’ailleurs ensemble sur le banc lors d’un autre retentissant exploit d’un club vaudois, la victoire 4-1 du LS au Stade de Suisse face à… YB justement lors des quarts de finale de la Coupe en 2009! Claude Gross, alors dans le staff de Dragani, a donc battu deux fois YB 4-1 dans sa carrière en tant qu’entraîneur d’un club de série inférieure, puisque Lausanne était en Challenge League à cette époque! A-t-il des conseils à donner à son ami Dragani en vue du choc de ce soir? «Évidemment que non. Chaque match a son histoire et John sait parfaitement comment rendre son équipe prête à l’exploit. Par contre, je me réjouis d’être dans la tribune ce soir pour assister à ce match et soutenir Nyon.»

YB a souffert en 32es et 16es

John Dragani, justement, a minutieusement préparé ce choc, en allant superviser YB. Ce rigoureux travail d’approche avait d’ailleurs été salué par son président Vartan Sirmakes lors du tour précédent face à Grasshopper (3-1). «Je suis allé voir YB-Sion samedi soir et j’ai regardé plusieurs matches à la télévision», explique l’entraîneur des Nyonnais, qui croit lui aussi fermement à l’exploit, même si son équipe est bien plus à la peine en championnat qu’il y a un mois. «On croit avoir une chance, bien sûr, même si on affronte ce qui se fait de mieux en Suisse. Young Boys est un adversaire de niveau Champions League, mais ça ne nous empêche pas d’entrer sur le terrain avec la volonté d’atteindre les quarts», continue Dragani.

Les hommes de Gerardo Seoane ont d’ailleurs énormément peiné lors des deux premiers tours, passant près de l’élimination à Bienne (1re ligue) comme à Schaffouse (Challenge League). L’enchaînement des matches et la proximité de la double confrontation avec Valence, bien plus importante dans l’esprit des Bernois, pourrait également conduire à une certaine démobilisation.

Deux absents de taille

«Peut-être que Young Boys va nous sous-estimer un peu, penser qu’on est une petite équipe…», espère ainsi Ridge Mobulu. On l’a dit, ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que les Bernois chuteraient face à une opposition vaudoise de ligue inférieure en Coupe de Suisse.

Nyon sera cependant privé de deux éléments majeurs, Fabrizio Zambrella et Ibrahim Tall, tous deux blessés. Mobulu, lui, devrait pouvoir jouer. «Nous avons fait recours contre sa suspension, la confirmation devrait arriver», détaille John Dragani. En ce qui concerne la logistique, 600 supporters bernois sont annoncés ce soir à Nyon, où une affluence comprise entre 1500 et 2000 spectateurs au total serait saluée par les dirigeants du club de Colovray. Face à GC en 16es, ils étaient 1450 lors d’un beau dimanche après-midi de septembre.

Pourquoi Nyon joue en jaune et noir

Archiviste du Stade Nyonnais, Vincent Guillot a accompli un énorme de travail de recherche ces dernières semaines, en amont de ce 8es de finale.

Sa quête: trouver une bonne fois pour toutes pourquoi le Stade Nyonnais jouait en jaune et noir, les couleurs d’YB, alors que les deux clubs s’apprêtent à se rencontrer pour la première fois de leur existence en Coupe. Parfois, on entend que le club de Colovray joue avec les couleurs jaunes et noires parce qu’il aurait été fondé par Jean Wirz, ancien joueur d’YB. Faux, selon Vincent Guillot. «Sources historiques à l’appui, il s’agit aujourd’hui de rectifier ces informations», a-t-il écrit récemment sur le site officiel du club vaudois.

En fait, si YB joue en «schwarzgelb», c’est en raison d’une certaine admiration pour Young Boys de la part des vrais fondateurs du club, messieurs Emile Aeby, Oscar Aeby, Edmond Delay et Pierre Robin en 1905. YB venait d’être sacré champion de Suisse en 1903. «Les pionniers du Stade Nyonnais, qui n’étaient pourtant pas Bernois, semblent avoir adopté le jaune et noir parce qu’ils avaient de la sympathie envers le club de la capitale fédérale», écrit ainsi Vincent Guillot, en se référant à un document d’archives.